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Publié le 20/03/2017

Temps de lecture : 3 minutes

 

Le recrutement constitue un axe clé de la mise en œuvre de la stratégie !

Les 3èmes Assises du Recrutement au Grand auditorium du MEDEF, proposées en octobre dernier à l’initiative de la branche conseil en recrutement du Syntec (environ 130 cabinets représentés), ont été l’occasion de placer ce thème au cœur des débats. Ces entreprises membres de la branche conseil réalisent en effet chaque année 20 000 recherches de candidats par an (cadres dirigeants, middle management, postes de proximité…) toutes approches confondues (chasse de tête, annonce, sourcing numérique…). Le secteur enregistre un peu plus de 5% de croissance en 2015 et une progression similaire en 2016.

 

Des interventions à plus forte valeur ajoutée.

Après l’ouverture de Wilhelm Laligant, président du Syntec Conseil en Recrutement, l’événement a permis de dévoiler une enquête qualitative effectuée auprès des entreprises et des organisations en 2016 sur « les Racines de la performance à travers le recrutement ». Parmi les principales conclusions, l’étude souligne, à l’heure de la diffusion des outils digitaux dans tous les process des entreprises, l’importance de la compréhension fine – et donc fondamentalement humaine – des transformations en cours, et des enjeux stratégiques d’avenir tels qu’ils sont perçus par les entreprises, afin d’orienter la réponse des cabinets.

« La fonction de « passeurs de CV » ou de « fournisseur de profils » ne correspond plus à la réalité. Notre dimension conseil ne cesse de se renforcer dans le but d’approfondir le questionnement des dirigeants, d’aller là où nous ne sommes pas forcément attendus. Tout cela pour identifier, finalement, les personnes qui sauront évoluer dans leur entreprise dans des contextes devenus foncièrement mouvants », a ainsi confirmé Maryvonne Labeille, vice-présidente du Syntec conseil en recrutement.

Une constante révélée par l’étude : malgré les incertitudes liées à la conjoncture économique, l’attente des collaborateurs vis-à-vis d’entreprises porteuses de sens, de vision, et susceptibles d’apporter de l’information et d’organiser la cohérence tout au long de la chaîne de valeur, ne faiblit pas.
Mais dans une décennie marquée par la crise des subprimes, un phénomène de désindustrialisation dans la plupart des pays développés et le recul des taux de croissance au niveau international, force est de constater que les pratiques n’ont pas toujours été conformes à cette image projetée. Roger Couffin, dirigeant du cabinet conseil Adrien Stratégie, a au contraire évoqué, dans la période, les tentations de certaines entreprises de s’orienter vers des stratégies court termistes, auxquelles ont répondu les attitudes « mercenaires » de collaborateurs mus par l’opportunisme. Trop rares ont été les organisations qui ont saisi cette période de turbulences pour reposer fondamentalement leur vocation, leur positionnement stratégique, et réassurer leurs collaborateurs avec une vision claire du sens de leur mission.

 

Une corrélation entre la qualité du projet de l’entreprise et la capacité à attirer de nouveaux talents.

Cette réalité ressort d’ailleurs clairement à l’étape du recrutement : 70% des candidats quitteraient l’entreprise pendant leur période d’essai, ce qui occasionne des coûts importants de recrutement… quand il devrait s’agir d’une phase d’investissement. À l’inverse, les sociétés qui travaillent leur offre, la promesse faite au marché, se révèlent porteuses de sens et de motivation, ce qui se reflète dans la fidélisation des équipes et la venue de nouveaux talents. Cela laisse dès lors toute latitude aux cabinets de recrutement pour trouver une congruence entre un profil attiré par un projet d’entreprise, et une organisation en mouvement. Cela peut même susciter l’innovation, comme ce recrutement d’un poste de directeur de magasin ouvert à des candidats des cités à la fois animés d’un sens du collectif et pleinement connectés aux réalités sociales. Un recrutement aujourd’hui reconnu, avec le recul, comme pleinement réussi ! En recrutement comme en stratégie, la réalité, l’authenticité des pratiques tend ainsi à l’emporter sur les grands principes énoncés mais non suivis d’effets, et les discours par trop velléitaires.

À propos de l'auteur

Elisabeth Ballery

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